Surtout des jeunes femmes, à Cuba ou exilées à Paris, toujours prises dans un quotidien fait de pauvreté et de contraintes. Comment continuer à avancer avec presque rien, et garder malgré tout un regard sensible à la beauté ? On croise une femme entretenue par un homme plus âgé, des grands-parents élevant leur petit-fils dans des croyances et traditions magiques, l’évocation d’un Noël supprimé, ou encore une soirée de Nouvel An où l’on danse pour oublier. Comme souvent chez Zoé Valdés, même dans la misère, les récits restent pleins de couleurs, d’énergie et de vie. Et, en filigrane, ils donnent aussi à voir la réalité cubaine et la dictature.
“Il n’y avait plus de couronnes à l’époque. Les fleurs devaient venir de Bulgarie. Ma mère, faisant de nécessité vertu, confectionna une couronne avec ce qui restait de son vieux sapin. Alors – bénie soit la Vierge des Miracles ! – un prodige eut lieu. Une fois placées sur le cercueil, les guirlandes reprirent vie, comme si ma grand-mère, privée de ses fêtes, laissait en héritage aux Cubains son droit aux joies de Noël. Et les guirlandes illuminèrent toute la salle, toute la rue, tout le pays.”
Contenu
Un trafiquant d’ivoire, quelques pastèques / La lune et la canne / Non, non, non, Noël ! / Et pourtant elle tourne !
Titre original : Traficantes de belleza
Traduit de l’espagnol (Cuba)