Ce roman ressemble à son dernier paragraphe, comme le Paris de l’époque, tout en lignes de fuite. L’auteur se promène dans plusieurs temporalités — la jeunesse de son père, la sienne, et le présent — et dans plusieurs histoires — Paris pendant l’Occupation, le suicide énigmatique de deux jeunes mariés, la vie mystérieuse de cet ami qui se fait appeler Pacheco. L’ensemble est délicat, fluide, agréable à lire, mais donne aussi le sentiment d’une errance d’un récit à l’autre, sans véritable résolution. Modiano nous entraîne une fois de plus dans une promenade élégante à travers Paris, où l’atmosphère l’emporte sur l’intrigue.

“Je me suis assis avec lui à une terrasse de café. C’était en juin. On n’avait pas encore creusé la tranchée du périphérique qui vous donne une sensation d’encerclement. Les portes de Paris, en ce temps-là, étaient toutes en lignes de fuite, la ville peu à peu desserrait son étreinte pour se perdre dans les terrains vagues. Et l’on pouvait croire encore que l’aventure était au coin de la rue.”

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