C’est l’histoire d’une enfant livrée à elle-même. Un père toujours absent, une mère démissionnaire et un frère abusif. Elle cherche l’amour, le confond avec le sexe et peine à analyser ses émotions. Cet excès en tout finira mal, malgré un épisode doux et tendre d’adoration à distance d’un homme. Je ne connaissais pas du tout cette autrice allemande qui est également peintre et dessinatrice et qui a vécu en France, proche du mouvement surréaliste. Ce court roman, probablement en partie autobiographique, est relativement perturbant et surtout triste pour cette enfant qui se cherche et qui finira par mettre fin à ses jours, à l’instar d’Unica Zürn quelques années plus tard. Je suis contente d’avoir découvert cette artiste.

“Elles forment un couple royal : un père et une mère qui poussent des plaintes affreuses et interminables à cause de la perte de leur fils. Elles inventent une langue dramatique, une langue de hurlements, capable d’exprimer le chagrin du monde entier et que personne ne comprend sauf elles. Ce langage qu’elles ont imaginé ne comporte que des voyelles. Quand elles sont à bout de forces, elles ouvrent les volets, et, tout étourdies, elles regardent d’un œil hagard le soleil aveuglant.”

Titel original: Dunkler Frühling
Traduit de l’allemand

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