Morvan, c’est Pinson, le cassos, Bambino, Cariño, le P’tiot, puis finalement Franck. On ne saura jamais vraiment son vrai prénom, comme si son identité se construisait au fil des rencontres et des vies qu’il traverse. Né dans la misère, il parviendra à s’en extirper grâce à l’amitié et à l’amour. Avec Monica et Giovanni, eux aussi cabossés par la vie, il forme un trio improbable et solidaire qui va peu à peu construire une vie entre la France, l’Italie et la Suisse, avec une touche d’imaginaire espagnol transmis par une vieille duchesse. Une belle histoire de liens, de ceux qui se créent et deviennent essentiels, mais aussi de ceux qui se défont et peuvent être terriblement destructeurs. Une histoire de survie, de déracinement et de reconstruction, portée par des personnages fragiles et profondément attachants. Une petite précision toutefois – et il faut être suisse pour le savoir : la Migros ne vend pas d’alcool. Impossible donc d’y acheter un vin californien ! Très belle lecture, prenante et touchante.
“J’ai toujours eu un lit. Un territoire, un endroit où aller et revenir. Un toit au-dessus de ma tête. C’est ça, la différence.” Elle a réfléchi un moment et elle a ajouté: “Ma tante disait toujours que les femmes sont plus solides devant le désastre, parce qu’elles se sont tellement esquintées à donner la vie depuis que le monde est monde, qu’elles savent ce qu’elle vaut, son prix exact.”