Agathe Villanova passe quelques jours dans la maison familiale, dans le sud de la France, où sa sœur vit encore avec son mari et ses enfants. La femme de ménage de leur enfance est toujours là, et son fils Karim lui rend régulièrement visite. Récemment engagée en politique féministe, Agathe devient le sujet du film que Karim et son ami Michel souhaitent tourner sur elle. À partir de cette trame assez simple vont se tisser des liens familiaux, amoureux et amicaux, parfois attendus, parfois beaucoup plus surprenants. Forcément, les vieilles rancœurs, les souvenirs de famille, la mémoire historique et les blessures mal cicatrisées refont surface. Le film m’a beaucoup fait penser à Place publique : là encore, les relations entre les personnages, notamment entre les deux sœurs, comptent finalement davantage que l’histoire elle-même, qui sert surtout de prétexte pour explorer leurs liens, leurs frustrations et leurs non-dits. Tout se déroule au mois d’août, sous une pluie presque incessante. Cette météo donne au film son ton mélancolique et doux, un peu suspendu. Jaoui, dans le rôle d’Agathe Villanova, et Bacri, en Michel, retrouvent des personnages qui leur correspondent particulièrement bien. Un film tout en douceur avec quelques moments cocasses.

“- J’en ai marre de ce temps. Ça fait quinze jours que c’est gris, qu’il pleut, que c’est plombé, on n’a pas eu cinq minutes de soleil. C’est déprimant, j’suis désolée. Je sais bien que toi ça t’atteint pas mais…
– Oui, parce que je m’en fous. C’est comme ça, qu’est-ce que tu veux qu’on y fasse.
– Rien, je sais, oui.
– En plus, à chaque fois tu te plains comme s’il faisait moche exprès contre toi, comme si, je sais pas moi, il y avait un dieu du climat qui t’en voulait personnellement.
– Y’a un dieu du climat qui m’en veut personnellement!”

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