Arnaud et Aurélie s’aiment, ont une petite famille très classique – un garçon et une fille – et ne connaissent aucun souci d’argent. Un vrai petit tableau de la bourgeoisie belge. Mais visiblement, tout cela ne suffit pas, et leur histoire va finir dans un bain de sang. Pas de spoiler ici : c’est écrit noir sur blanc sur la quatrième de couverture. Ce qui est assez intéressant, c’est que connaître la fin dès le départ n’empêche absolument pas l’angoisse. Au contraire, on lit en sachant ce qui va arriver, tout en se demandant comment on va en arriver là. Le malaise est présent dès le début, et c’est clairement voulu. Je reste pourtant assez partagée. J’ai trouvé le style parfois trop chargé, avec beaucoup de descriptions et quelques longueurs qui ralentissent le récit. J’ai parfois eu l’impression qu’on me faisait attendre pour arriver à une conclusion que je connaissais déjà. Et pourtant, cette fin, aussi prévisible soit-elle, reste terriblement tragique. Un livre que je n’ai pas vraiment adoré, mais qui ne laisse certainement pas indifférent.

“Si elle avait mis un mot de passe sur ses propres appareils, Arnaud l’aurait perçu comme quelque chose de tout à fait incongru, voire d’hostile. Il utilisait régulièrement le MacBook d’Aurélie, pour réserver un hôtel, consulter la météo ou mettre un dessin animé à Diego. D’ailleurs elle ne considérait pas son ordinateur comme le sien mais comme un objet familial. Manifestement, celui d’Arnaud était à Arnaud. Idem pour son téléphone, idem pour sa voiture. En fait, tout ce que possédait Arnaud était voué à son usage exclusif alors que ce qui lui appartenait à elle était partagé par toute la famille. Elle ressortit prudemment des toilettes, remit le Mac à sa place et décida de ne rien dire. Désormais, elle mettrait un mot de passe sur le sien.”

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