Agamemnon et Clytemnestre ont quatre enfants, Iphigénie, Electre, Chrysothémis et Oreste. Au retour de la guerre de Troie où il a sacrifié sa fille Iphigénie, Agamemnon se fait égorger par Égisthe, l’amant de Clytemnestre. Electre veut se venger et les tuer tous les deux. Elle aimerait que sa sœur Chrysothémis l’aide, mais celle-ci souhaite seulement une vie normale avec un mari et des enfants. Electre peine à mettre sur pied sa vengeance lorsque son frère Oreste, que tout le monde pensait mort, revient et tue sa mère et son amant. Le livret d’Hugo von Hofmannsthal, inspiré de la tragédie de Sophocle, est complété par la musique de Strauss, musique à la consonance bien wagnérienne, lourde et tonitruante. Les voix des chanteurs sont magnifiques. Le décor est une tour de plusieurs disques en rotation continue, tantôt transparents, tantôt opaques selon l’éclairage, sur lesquels les personnages sont en mouvement penché et perpétuel. Les costumes sont noirs. Tout ceci donne une sensation très dystopique à un opéra déjà très pesant.

“Ich habe Finsternis gesät
und ernte Lust über Lust.
Ich war ein schwarzer Leichnam
unter Lebenden, und diese Stunde
bin ich das Feuer des Lebens, und meine Flamme
verbrennt die Finsternis der Welt.
Mein Gesicht muss weisser sein
als das weissglüh’nde Gesicht des Monds.
Wenn einer auf mich sieht,
muss er den Tod empfangen oder muss
vergehen vor Lust.
Seht ihr denn mein Gesicht?
Seht ihr das Licht, das von mir ausgeht?”

“J’ai semé les ténèbres
et je récolte joie après joie.
J’étais un noir cadavre
parmi les vivants, et à cette heure
je suis le feu de vie, et ma flamme
consume les ténèbres du monde.
Mon visage doit être plus blanc
que le visage lactescent de la lune.
Quand quelqu’un me regarde,
il doit tomber mort ou
s’anéantir de plaisir.
Voyez-vous bien mon visage ?
Voyez-vous la lumière qui émane de moi ?”

Chanté en allemand avec sous-titres en français et en anglais

Créé à 1909 à Dresde
Dernière fois au Grand Théâtre de Genève en 2010

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