Gardien de nuit dans un parking, il en a assez de ne pas voir le jour et décide de partir en vacances en Alaska, pour un trek sauvage. Mais l’agence de voyages fait faillite, l’aventure est annulée et il se foule la cheville en sortant de l’aéroport. Résilient, il prend une chambre à l’hôtel en face de chez lui et observe… les chaussures des gens, les bruits, les couleurs, les bizarreries de sa place. Il voyage dans son quartier, dans sa tête, répertoriant tout dans son carnet. Dessin en noir et blanc, comme toujours, ce Chabouté est exceptionnel, touchant et introspectif. Il est difficile de ne pas s’asseoir et de réfléchir à cette course effrénée de tous les jours, aveugles à l’autre, en passant à côté de l’essentiel.

“Voir à nouveau…
Voir à nouveau ce que le cerveau, la routine, l’habitude ont méticuleusement mis de côté, cloisonné, ficelé, élagué ou rangé dans un coin…
Tout ce dont le regard s’est débarrassé pour ne laisser la place qu’à l’efficace, le rentable, l’utile, au profit de l’action ou du temps optimisé.
Réveiller ce qui est tout près, là, endormi ou enfoui, le ranimer d’un regard pur et délicatement tout chambouler, d’un simple trait de craie…
Pensée du jour : se dépoussiérer les yeux…”

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