Est-il vraiment nécessaire de résumer ce grand classique ? Le séjour de Bianca Castafiore au château de Moulinsart, qui épuise le capitaine Haddock, la disparition de ses bijoux — finalement dérobés par une simple pie — et un dénouement heureux… tout est là. Portée à la scène, cette histoire acquiert cependant une dimension singulière. Costumes et décors reproduisent fidèlement l’univers de la bande dessinée ; les dialogues, mais aussi les gestes et déplacements de Tintin, semblent sortir tout droit d’une planche dessinée. La prouesse est remarquable. Pourtant, si l’ensemble est admirable sur le plan scénique, le texte lui-même se révèle peu palpitant et paraît avoir plutôt mal vieilli. Je ne sais pas si cela tient à la transposition de médium, mais j’ai ressenti une certaine lassitude, malgré l’excellent jeu des acteurs et la qualité indéniable de la scénographie.
“Journaliste : Et peut-on vous demander, madame, si vous avez des projets?
Bianca Castafiore : Oui, une série de récitals aux États-Unis, où je passerai deux mois et où je suis attendue avec impatience.
Haddock : (en pensée) Pauvres Amerloques !… Ils étaient si tranquilles avant Christophe Colomb !…
Bianca Castafiore : Puis en Amérique du Sud, où je me produirai dans les grandes capitales.
Haddock : (en pensée) Voilà encore des régions qui vont être cruellement éprouvées !…“
Création le 29 septembre 2001 au Théâtre Am Stram Gram à Genève