Isabella est une Italienne vive et indépendante qui se rend à Alger pour sauver son amant, Lindoro, prisonnier de Mustafà, le bey d’Alger. Lassé de son épouse, Mustafà s’éprend d’Isabella, qui se joue habilement de ses avances. Par son intelligence et une succession de quiproquos, elle déjoue les plans du bey, libère Lindoro ainsi que les autres captifs, puis s’enfuit vers l’Italie. À l’origine, L’Italiana in Algeri est un opéra bouffe, et la mise en scène de ce soir en respecte pleinement l’esprit, tout en y ajoutant des touches comiques supplémentaires. Ce qui m’a le plus marqué est l’intervention de deux artistes. La première évolue en parallèle de l’action, dans des mouvements dansants, au ralenti. Il m’a fallu un moment pour remarquer sa présence, mais ensuite le jeu devient presque un “Où est Charlie ?”, tant on s’amuse à la repérer sur scène. La seconde, l’artiste Daniel Daniela Ojeda Yrureta, est omniprésente : iel traverse la scène en courant, de droite à gauche, enchaîne des grands écarts impressionnants et apporte une énergie irrésistiblement drôle. Les décors, tout en beige et très sobres, contrastent avec un éclairage qui souligne finement les émotions, tandis que les rôles principaux portent des costumes colorés et volontairement extravagants. Un très bel opéra, porté par une adaptation à la fois inventive, festive et réussie.
“Sian dolci o ruvidi,
Sian flemma o foco,
Son tutti simili
A’ presso a poco…
Tutti la chiedono,
Tutti la bramano
Da vaga femmina
Felicità.”
“Qu’ils soient aimables ou rudes,
Qu’ils soient froids ou fougueux),
Ils se ressemblent tous,
A peu de chose près..)
Ils en demandent tous,
Tous le désirent
Le bonheur…
Que peut leur procurer une jolie femme.”
Créé le 22 mai 1813 au Teatro San Benedetto à Venise
Dernière fois au Grand Théâtre de Genève en 1995-1996