Un corps est découvert sur un glacier : celui d’un homme disparu depuis trente ans. Désormais à la retraite, Kónrað avait autrefois enquêté sur cette affaire et se sent aujourd’hui encore tenu de comprendre ce qui s’est réellement passé, d’autant plus qu’il soupçonne un lien avec la mort d’un jeune homme renversé par une voiture quelques années plus tard. Premier volet de la série consacrée à Konrad, ce roman noir dresse un portrait sensible de la société. Les personnages sont solidement construits, l’intrigue se déploie lentement, et l’on découvre peu à peu Kónrað, ses failles et son passé. Un roman policier tout en retenue et en douceur.

Kónrað avait quitté le parking. Erna dormait profondément sous l’effet de la morphine. Il avait roulé tranquillement. Quand il s’était garé devant leur maison d’Arbaer, il avait voulu l’emmener à l’intérieur : elle était morte. Il était resté un long moment assis dans la voiture avant de détacher la ceinture de sa femme puis l’avait portée dans la maison, l’avait allongée et lui avait dit ce dont il avait oublié de lui parler dans la voiture. La Lune était décrite ainsi dans un poème : elle était la boucle de la nuit. L’antique amie des amants. C’était le jour le plus court de l’année, mais Kónrað n’en avait jamais connu d’aussi long.
Il ne durait que quatre heures et douze minutes.
Pourtant, il était l’éternité.

Titre original : Myrkrið veit
Traduit de l’islandais

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