Ce texte est un recueil de fragments mêlant souvenirs, réflexions et méditations sur l’écriture, la lecture, la musique, la mémoire et la solitude. Il n’y a ni récit ni progression linéaire : la pensée avance par touches successives. La lecture et l’écriture y sont présentées comme des actes profondément solitaires, liés au silence et au retrait du monde. Quignard fait référence à auteurs, des mythes, des œuvres et des savoirs anciens sans toujours les expliciter, ce qui peut créer une impression d’opacité. Le livre n’est donc pas d’un accès facile : il refuse les codes habituels du roman comme de l’essai et impose une lecture lente, attentive. J’ai plus d’une fois dû revenir sur certains paragraphes. Cette difficulté est probablement volontaire, invitant le lecteur à accepter l’errance, le silence et une forme d’inconfort pour vivre une expérience de lecture méditative et profonde. Couronné par le prix Goncourt en 2002, le livre a suscité une controverse que je comprends aisément. C’est un ouvrage singulier, porté par une belle écriture, mais difficile à appréhender pleinement.

“Il avait toujours à la bouche ce mot qu’il avait lu dans l’Imitation :
– In omnibus requiem quaesivi et nusquam inveni nisi in angulo cum libro. (J’ai cherché dans tout l’univers le repos et je ne l’ai trouvé nulle part ailleurs que dans un coin avec un livre.)
*
Vivre dans l’angle – in angulo – du monde.”

Categories