Un jour, Doruntine, partie depuis trois ans vivre au loin avec son époux, revient soudain auprès des siens. Elle affirme que c’est son frère Konstantin qui l’a ramenée. Or celui-ci est mort, comme ses huit autres frères, trois ans plus tôt. Ce retour bouleverse sa mère, et Doruntine elle-même ne se remet pas d’apprendre la mort de ses frères. Toutes deux meurent avant que la vérité n’ait pu être établie. Dans une Albanie médiévale traversée par la foi et la crainte du blasphème – car il ne saurait y avoir de seconde résurrection – le capitaine Stres doit élucider au plus vite ce mystère troublant. Une belle intrigue policière où la parole donnée, l’honneur et le poids des traditions se mêlent aux miracles et aux légendes. Un court roman à la fois sombre et envoûtant.

“A cause du froid, les gens se déplaçaient moins, mais, curieusement, la rumeur courait tout aussi vite que si le temps avait été plus clément. On eût même dit que, figée par le froid hivernal, cristalline et scintillante, elle filait plus sûrement que les rumeurs d’été, sans être exposée comme elles à la touffeur humide, à l’étourdissement des esprits, au dérèglement des nerfs. Néanmoins, cela ne l’empêchait pas, en se répandant, de se transformer de jour en jour, de s’amplifier, de s’éclaircir ou de s’assombrir.”

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