L’Orangerie présente une exposition consacrée au Douanier Rousseau, vraiment passionnante. Les œuvres exposées partent du début de sa carrière, lorsqu’il est encore inconnu mais profondément convaincu qu’il deviendra un grand artiste. Il va tout mettre en œuvre pour se faire remarquer : envoyer ses compositions au Salon des Indépendants, répondre à des commandes publiques pour décorer les hôtels de ville, réaliser des portraits pour son entourage, peindre des paysages destinés à la vente ou encore créer des autoportraits plus personnels. Certaines de ces œuvres m’ont fait sourire : les perspectives sont souvent très éloignées de la réalité, les couleurs inattendues, et les proportions des mains, des pieds ou même des têtes de lions semblent parfois sortir d’un autre monde. Pourtant, il persévère avec une incroyable détermination et finira par trouver sa place parmi les grands peintres. J’admire vraiment cette ténacité. Une très belle exposition, complétée par un petit tour dans la collection permanente et par les deux salles des Nymphéas. Malheureusement, il y avait beaucoup trop de monde pour pouvoir véritablement ressentir l’atmosphère particulière et les vibrations qui émanent de ces espaces conçus par Monet.

“Nous sommes réunis pour célébrer ta gloire, /
Ces vins qu’en ton honneur nous verse Picasso, /
Buvons-les donc, puisque c’est l’heure de les boire /
En criant tous en chœur “Vive ! Vive Rousseau!”
Guillaume Apollinaire

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