Ce livre est un roman, mais l’autrice précise que “tous les faits sont vrais”. Partie de sa passion pour David Hockney, elle propose une petite biographie romancée dans laquelle elle laisse surtout une place importante aux émotions. De sa naissance jusqu’aux environs de 2015, nous suivons la vie de David Hockney, parti de rien pour devenir l’un des plus grands artistes contemporains anglais. Nous découvrons ses moments de génie créatif, ses périodes de doute, ses nombreuses amitiés, mais aussi les nombreux deuils qui ont marqué sa vie, notamment la disparition de plusieurs amis pendant l’épidémie de sida. Ce récit de vie est très touchant, d’autant plus que c’est un peintre que j’aime beaucoup moi aussi. Je peine toutefois à voir ce que ce roman apporte de plus aux nombreuses biographies déjà consacrées à Hockney, qu’elles soient écrites par lui-même ou par des auteurs qu’il a approuvés. Cela reste néanmoins une bonne introduction pour ceux qui connaissent encore peu l’artiste. À lire idéalement avec la possibilité de regarder les tableaux cités dans le livre, afin de mieux comprendre son parcours et son évolution artistique.

Les portraits après le paysage. Le printemps après l’hiver. La main après la technologie. L’huile après l’aquarelle. La couleur après le fusain. La Californie après l’Angleterre. La joie après la tragédie. L’aube après la nuit. La création après le vide. Et ainsi de suite. Tout fonctionnait en alternance. Il n’y avait pas de réponse aux questions inutiles. Juste des cycles. La vie n’était pas une route droite avec une perspective linéaire. Sinueuse, elle s’arrêtait, repartait, retournait en arrière puis bondissait en avant. Le hasard, la tragédie faisaient partie du grand dessein. Le grand dessein et le dessin, n’était-ce pas la même chose? La capacité à percevoir de l’ordre dans le chaos du monde. C’était cela qui attirait David dans l’art, cela qu’il aimait tant chez ses peintres préférés, Piero della Francesca ou Claude le Lorrain : l’équilibre complexe de couleurs et d’éléments opposés, la place de l’homme dans l’espace, le sentiment qu’il n’était qu’une petite partie du grand tout. L’artiste était le prêtre de l’Univers.

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