En 1944, une jeune fille est retrouvée morte dans le passage des Ombres. Soixante ans plus tard, la mort d’un vieil homme fait resurgir cette affaire oubliée : des coupures de journaux la concernant sont découvertes dans une commode de son appartement. Bien que retraité, l’inspecteur Konrad s’obstine à élucider ce mystère jamais résolu. Ce troisième volet de la Trilogie des Ombres introduit Konrad, qui deviendra le personnage principal d’une série ultérieure d’Indriðason, ce roman faisant le lien entre ces deux univers. Konrad rappelle d’ailleurs beaucoup Erlendur Sveinsson, autre policier vieillissant et pragmatique. Le roman nous replonge également dans l’Islande de la Seconde Guerre mondiale, d’abord occupée par les Britanniques, puis par les Américains. À cette époque, les relations entre les jeunes Islandaises et les soldats étrangers étaient nombreuses, désignées sous le nom de « situation », et très mal perçues par la société. Un roman noir plutôt paisible, agréable à lire, qui mêle enquête policière et évocation d’une période particulière de l’histoire islandaise.

“D’après ces contes, chaque bruit porté par le vent pouvait être un revenant au corps entaillé de plaies béantes, chaque colline pouvait abriter des elfes et chaque rocher, un palais de contes de fées. Tout cela venait se mêler aux histoires d’ogresses et de géants transformés en pierre, surpris par le lever du soleil, aux nykrar, ces esprits aquatiques malfaisants qui plongeaient dans les lacs et ressemblaient à des chevaux aux sabots à l’envers, et aux tilberi, ces créatures informes qui suçaient le sang des femmes, accrochés à leurs cuisses. Ces étranges récits étaient nés de la confrontation de l’homme à une nature hostile, de la difficulté à survivre dans ce pays désolé et des peurs qu’engendrait la longue nuit hivernale.”

Titre original : Skuggasund
Traduit de l’Islandais

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