Un diptyque qui, selon son créateur, constitue deux œuvres bien distinctes, et pourtant… La première partie, une création d’Édouard Hue, nous plonge dans le rituel du coucher : les enfants turbulents, les parents à bout de patience et, finalement, après l’histoire du soir, le sommeil qui arrive. Deux parents et dix enfants, soit douze danseurs, qui jouent avec des coussins, dansent en petits groupes puis se retrouvent ensemble dans une même chorégraphie. C’est joyeux, plein d’énergie, parfois même très drôle. Puis vient L’Oiseau de feu de Stravinski. Les enfants ont disparu dans un univers sombre, peuplé de miroirs mobiles, et les parents les cherchent désespérément. Un étrange dialogue s’engage entre deux des enfants et des êtres entièrement vêtus de noir, jusqu’au visage. Les chorégraphies sont d’une fluidité incroyable. Un passage en particulier met en scène une danseuse dont la souplesse semble presque irréelle : chaque partie de son corps se plie et pivote selon des angles impressionnants. C’est absolument magnifique à regarder. Un très beau moment de ballet, à la fois surprenant et envoûtant.
“Mais je n’avais fait alors que 25 minutes sur les 45 de la partition intégrale. Avec le temps, je me suis dit que c’était dommage, que je n’avais pas assez développé cette idée de L’Oiseau de feu : un monde complètement abstrait, des personnes piégées dedans, et une force – cet oiseau du titre – qui apparaît et vient désenchanter tout cet univers. J’étais passé à côté de quelque chose par rapport au monde dans lequel on vit aujourd’hui.”
Création en Novembre 2026 à La Comédie de Genève