Ajîb est un fils de roi devenu tyrannique au point de tuer son père et monter sur le trône. Il fait un rêve que les devins interprètent comme le fait que son frère le tuera. N’ayant pas de frère, il va voir les concubines et en trouve une enceinte. Il ordonne à deux esclaves de l’emmener dans les bois et de la tuer. Les esclaves se disent qu’ils peuvent garder cette femme pour eux, mais s’entretuent parce que chacun la veut en premier. Seule dans les bois, elle accouchera d’un garçon nommé Gharîb et sera recueillie par un prince. Gharîb, une fois adulte, va rencontrer la foi de l’Islam et n’aura de cesse, sa vie durant, de convertir toutes les peuplades et de venger son père et sa mère. Un conte conséquent qui dure 57 nuits et où la même histoire de bataille armée, de victoire et de conversion à l’Islam se reproduit au moins vingt fois. Amusant de voir ce passage qui ressemble à l’histoire de Blanche-Neige.
“C’est alors qu’il eut, dans son sommeil, une vision qui le réveilla, et sa frayeur fut si épouvantable que le sommeil ne put le reprendre. Quand parut le matin, il s’assit sur le trône, ses soldats avec lui, à droite et à gauche, et convoqua les devins et les astrologues.
“- Expliquez-moi ce songe, leur dit-il.
– Et quel songe, ô roi?
– J’ai cru voir mon père devant moi. Son sexe se découvrait, et il en sortait quelque chose de la taille d’une abeille, qui grossissait et devenait comme une énorme bête fauve, avec des griffes comme des poignards. J’ai eu peur et, comme je restais là, stupéfait, la bête s’est jetée sur moi, m’a frappé de ses griffes et ouvert le ventre. Une frayeur épouvantable m’a réveillé.”