Cet opéra avait été programmé en 2001 par le Grand Théâtre de Genève, mais n’avait pas pu avoir lieu en raison du Covid. Je l’avais regardé depuis chez moi en streaming. Reprogrammé cette saison, je l’ai donc revu. J’ajouterai plusieurs éléments à ma critique de 2021. Pour commencer, c’est le seul et unique opéra de Debussy. Cet opéra est chanté, mais dans un style particulier, pas comme un opéra traditionnel : pas de grands airs connus, pas de notes qui circonvolutent. Le point fort de cette version est vraiment la scénographie, avec les danseurs omniprésents, habillés de tons neutres, qui miment les ombres des personnages, mais aussi probablement leurs émotions. Même si les chants et la musique ne sont pas des plus classiques, cette mise en scène est magnifique. Je suis contente d’avoir pu vivre cet opéra en personne.

Pelléas : Non, non, non ;… Je n’ai jamais vu de cheveux comme les tiens Mélisande !… Vois, vois ; ils viennent de si haut et m’inondent jusqu’au cœur… Ils sont tièdes et doux comme s’ils tombaient du ciel !… Je ne vois plus le ciel à travers tes cheveux et leur belle lumière me cache sa lumière ! … Regarde, regarde donc, mes mains ne peuvent plus les contenir… Ils me fuient, ils me fuient jusqu’aux branches du saule… Ils s’échappent de toutes parts… Ils tressaillent, ils s’agitent, ils palpitent dans mes mains comme des oiseaux d’or ; et ils m’aiment, ils m’aiment mille fois mieux que toi !…
Mélisande : Laisse-moi, laisse-moi… quelqu’un pourrait venir…
Pelléas : Non, non, non ; je ne te délivre pas cette nuit… Tu es ma prisonnière cette nuit ; toute la nuit, toute la nuit…
Mélisande : Pelléas ! Pelléas !…
Pelléas : Tu ne t’en iras plus… Je t’embrasse tout entière en baisant tes cheveux, et je ne souffre plus au milieu de leurs flammes… Entends-tu mes baisers ?… Ils s’élèvent le long des mille mailles d’or… Il faut que chacune d’elles t’en apporte un millier ; et en retienne autant pour t’embrasser encore quand je n’y serai plus… Tu vois, tu vois, je puis ouvrir les mains… Tu vois, j’ai les mains libres et tu ne peux m’abandonner…”

Créé le 30 avril 1902 à l’Opéra-Comique à Paris
Dernière fois au Grand Théâtre de Genève en 1999-2000

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