Pour accompagner ma lecture de La Recherche, j’ai choisi quelques livres compagnons. Celui-ci est le deuxième, après celui d’Alain de Botton, et il adopte une approche tout à fait différente. Il retrace en détail la véritable “aventure éditoriale” de La Recherche – car c’en est une – et s’intéresse à la durée, à la démesure de ce roman, ainsi qu’aux innombrables analyses qu’il a suscitées. Une partie passionnante est consacrée aux multiples traductions de Proust, dans des langues aussi diverses que l’islandais ou le macédonien, et aux aventures singulières qu’ont représentées ces entreprises. La dernière section, plus ludique, évoque la chanson de Dave, les moustaches et bien sûr les madeleines. Nicolas Ragonneau, qui anime le site Proustonomics, offre ici un travail remarquable, d’une richesse impressionnante, et une source d’informations presque inépuisable autour de Proust. Un très beau livre et un projet admirable.

15 ans pour l’écrire, 2 mois pour le lire
Imaginons un lecteur adoptant ce rythme de lecture qui consacre deux heures par jour au roman de Proust et qui s’impose, comme un athlète, cette ascèse sans jamais y déroger: 64 jours seraient alors nécessaires pour y parvenir, soit un peu plus de deux mois. Il est peu probable que cette sorte de lecture de la Recherche soit fréquente dans la deuxième décennie de ce siècle, même si c’était celle de l’écrivain américain Shelby Foote (1916-2005), qui a lu neuf fois le roman dans son intégralité.”

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