L’opéra Madame Butterfly raconte l’histoire d’une jeune Japonaise qui épouse un officier américain et attend fidèlement son retour, avant de découvrir qu’il l’a abandonnée pour refaire sa vie ailleurs. Il ne reviendra que pour reprendre leur enfant. Anéantie, elle choisit de mettre fin à ses jours. Une triste histoire, pourtant bien réelle. La représentation de ce soir se distingue par son originalité : un homme en imperméable traverse la scène, incarnant l’enfant que Madame Butterfly a perdu, devenu adulte et à la recherche de ses racines. Au centre, une chambre japonaise en mouvement avec ses portes coulissantes et un jeu de miroirs démultipliant les perspectives. La mise en scène, presque entièrement en noir et blanc, ne s’ouvre à la couleur qu’à la toute fin, ce qui produit un effet saisissant. Seul bémol : une acoustique parfois défaillante qui empêchait de bien comprendre les chanteurs. Malgré cela, un très bel opéra.
“Un bel dì, vedremo
levarsi un fil di fumo sull’estremo
confin del mare.
E poi la nave appare
Poi la nave bianca.
Entra nel porto, romba il suo saluto.
Vedi ? È venuto !
Io non gli scendo incontro, io no. Mi metto
là sul ciglio del colle e aspetto, e aspetto
gran tempo e non mi pesa
la lunga attesa.
E… uscito dalla folla cittadina
un uomo, un picciol’ punto
s’avvia per la collina.
Chi sarà ? Chi sarà ?
E come sarà giunto
che dirà ? che dirà ?
Chiamerà Butterfly dalla lontana.
Io senza dar risposta
me ne starò nascosta
un po’ per celia… un po’ per non morire
al primo incontro, ed egli alquanto in pena
chiamerà, chiamerà:
« Piccina – mogliettina
olezzo di verbena »
i nomi che mi dava al suo venire.
(a Suzuki)
Tutto questo avverrà, te lo prometto.
Tienti la tua paura. – io con sicura
fede lo aspetto.”
“Un beau jour,
Nous verrons une fumée
Se lever aux confins de la mer.
Et puis le navire apparaît.
Et puis le navire est blanc.
Il entre dans le port.
Tonne son salut.
Regarde donc ! Il arrive,
Je n’ose pas aller à sa rencontre.
Mais non, je reste là,
Au bord de la colline,
Et j’attends longtemps.
Cette attente
Ne me semble pas longue.
On peut distinguer
Dans la foule,Un homme
Qui gravit. la colline.
Qui est-il ? Qui est-il ?
Et comme il arrive,
Que dit-il ? Que dit-il ?
Il appellera de loin, « Butterfly !»
Sans y répondre, je resterai cachée.
Un peu par plaisanterie,
Un peu pour ne pas mourir
A la première rencontre ;
Et lui, chagriné,
Clamera :
« Ma petite femme
Au parfum de verveine !» –
Doux noms qu’il avait l’habitude
De me donner.
Tout ceci arrivera,
Je te le promets.
Sois sans peur.
Avec une confiance sûre,
Je l’attends.”
Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa
Créé le 17 février 1904 à la Scala de Milan
Dernière fois au Grand Théâtre de Genève en 2012-2013