La collection permanente “Archives de la diversité humaine” du musée d’ethnographie réunit plus de 1000 objets sur les 80’000 qui le musée possède. Cette collection a été revisitée en 2024 et met désormais en évidence “la recherche de provenance et la décolonisation des pratiques muséales et ethnologiques”. Ceci est présenté sous forme d’un parcours dialogue où certains objets restent exposées apres le consentement des communautées concernées et certains objets sont enlevés par faute de consentement ou parce que trop sensiles, style des restes humains. La collection est classée en six parties : les cinq continetns et un section d’ethnomusicologie. EN parallèle de l’exposition permanetne, il y a une exposition temporaire appelée “Rencontres”, une exposition dans laquelle douze personnes issues de diverses communautés partagent leurs histoires personnelles autour d’objets issus des collections du MEG : Mundiya Kepanga, chef de la tribu des Huli, a choisi péruque manda tinderia, Deneth Piumakshi a choisi un masque de théâtre kolam Nâga-Kanyâ
“Pour moi, c’était important de ne pas montrer cette photographie parce qu’elle est violente, parce qu’elle est décontextualisée, et de fait, je ne souhaite pas reproduire une violence sexiste, raciste. La personne en question que j’ai choisie derrière la photographie porte le numéro 7. C’est tout ce que je sais d’elle. Pour moi c’est très important de voir cette photographie comme étant un acte de contrainte. C’est une femme, c’est un corps dominé, c’est un corps racisé, qui a été photographié sans son consentement dans un but précis, l’inférioriser vis-à-vis des autres populations. Pour moi, c’est impensable de décontextualiser la violence dans laquelle ces photographies ont été prises qui par ailleurs, l’étaient dans des contextes précis à savoir, des centres de détention, que ce soit des centres de regroupement pour populations indigènes qui se levaient contre l’oppression coloniale ou que ce soit dans des centres pénitenciers qui parquaient les personnes indigènes qui se révoltaient également et avaient des revendications indépendantistes. Je suis assez…. heurtée, quand je vois ce genre de contenu, parce que, pour moi, ils doivent être traités dans la plus grande éthique et la plus grande responsabilité, parce que c’est reproduire une violence que de montrer encore une fois le corps d’une femme dominée, racisée et exhibée aux yeux de toutes et tous. J’ai choisi de ne pas le faire parce que je n’ai pas eu le consentement de la victime de l’oppression raciste et coloniale et je n’ai pas eu le consentement de toute une communauté qui aujourd’hui demande à pouvoir investir des espaces, des espaces publics comme un musée sans se sentir à nouveau amoindrie, heurtée humiliée. Ces photographies, on n’a jamais demandées aux personnes si elles voulaient, si elle consentaient à y participer et elles disent un rapport de forces, un rapport de dominé-dominant, de colon-indigène. On est en 1913 quand cette photo a été prise, en Tunisie. Et je ne sais rien de cette femme. Je n’ai ni son prénom, ni son identité, ni son âge, ni ses rêves, ni ses croyances, ni ses peurs, parce que, la vraie question à se poser, à mon avis, c’est: quelle histoire, si elles avaient eu voix au chapitre ces personnes auraient souhaité narrer? Donc pour moi, c’est très important que le vivre ensemble se pense aussi en termes de faire ensemble. Les communautés qui sont issues de ces populations colonisées doivent avoir voix au chapitre, doivet pouvoir aussi exprimer la blessure derrière ces regards et surtout essayer de redonner une forme d’humanité et de dignité à ces personnes qui en ont été privées. Amel Merabet. Brochure d’exposition Rencontres. MEG”