Présenté comme un préquel à la saga Malaussène, ce livre n’est en réalité pas un roman au sens classique du terme, mais plutôt un texte hybride, à mi-chemin entre l’essai, le récit autobiographique et l’atelier d’écriture. Daniel Pennac y revient sur la genèse de ses personnages et sur la manière dont ils ont pris forme au fil du temps. Il explique notamment combien ils sont souvent inspirés d’amis réels, ou plus exactement de savants assemblages de traits empruntés à plusieurs personnes de son entourage. En parallèle, Pennac nous entraîne dans l’enfance loufoque de son assassin, Pépère, futur chef de la bande de malfrats responsable de l’enlèvement d’un père et de son fils dans Terminus Malaussène. Ce livre se révèle particulièrement pertinent pour les lecteurs qui connaissent déjà la saga Malaussène. J’ai retrouvé avec grand plaisir l’écriture de Pennac : vive, fluide, drôle, toujours juste, mêlant humour, tendresse et intelligence.

“Dinko était un ancien séminariste sauvé de la foi par une lecture raisonnée de Voltaire. Résistant dans les troupes yougoslaves de Tito, il s’était battu contre l’armée Vlassov et, la paix revenue, avait décroché l’autorisation de faire chez nous des études de psychologie. Il enseignait dans un hôpital de jour où il apprenait le grec ancien à des adolescents autistes.
– Pourquoi le grec ? avais-je demandé.
– Mon petit, tant qu’à ne pas communiquer, faisons-le en grec.”

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