Fleur de Tonnerre, c’est le surnom d’Hélène Jegado, une femme bretonne qui, entre 1833 et 1849, a empoisonné au moins 36 personnes – elle affirme même qu’il y en a eu plus. Elle sera condamnée et guillotinée en 1852 à Rennes. Cette histoire est une version romancée, mais pas trop, de la vie de cette femme qui a tué à l’arsenic, dans sa soupe aux herbes ou ses petits gâteaux, pour une raison indéterminée. Ce roman est étonnamment amusant, notamment grâce à deux Normands vendeurs de perruques qui croisent le chemin d’Hélène à travers la Bretagne et à qui il n’arrive que des malheurs. L’histoire est un peu répétitive, mais il y a 36 morts à raconter. Un portrait glaçant d’un épisode méconnu de l’histoire bretonne.
“- Sœur Athanase ! Sœur Athanase !… Voyez ma robe de religieuse !
– Oh, mais que faites-vous, les seins à l’air, sœur Sophie ?
– C’est ainsi que j’ai retrouvé au réveil ma tenue avec deux trous découpés aux ciseaux sur la poitrine !
– Sœur Athanase ! Sœur Athanase !… Regardez-moi lorsque je me mets de dos !
– Mais êtes-vous devenue folle, sœur Marie-Thérèse, de venir me montrer votre cul nu dans la salle commune ?! Tournez-vous face à moi ! Non, ne vous tournez pas ! Derrière, le Christ accroché au mur au-dessus de l’harmonium pourrait contempler vos fesses !
Quelqu’un a taillé un grand rond au bas du dos…
– Sœur Athanase ! Sœur Athanase !… Sur le devant, au centre de ma robe, fut évidé un triangle !
Ah ! Et maintenant sœur Augustine qui vient m’exhiber les poils de sa crèche avant même le petit déjeuner ! Mais tournez-vous donc, sœur Marie-Thé… ! Non, pas vous ! Sœur Augustine ! Oh, là, là !… Après avoir vu entre autres un vêtement de religieuse taillé très court comme une minirobe et constaté : « Vous avez de jolies jambes, sœur Agnès », entendu sœur Madeleine revendiquer : « Dans mon habit de nonne entièrement découpé en longues lanières, est-ce qu’on ne dirait pas une sauvage d’Afrique ? », la mère supérieure, n’en pouvant plus de ce défilé de mode dingue, explose :
– Mais allez toutes vous changer !…”