Deux couples se retrouvent dans un salon élégant, autour d’une table décorée d’un joli bouquet de tulipes. Véronique et Michel reçoivent Annette et Alain pour parler d’un incident entre leurs enfants : le fils des premiers a été frappé par celui des seconds. Au début, la discussion reste polie et calme, mais cela ne dure pas longtemps. Très vite, la façade bourgeoise bien lisse s’effrite et les reproches partent dans tous les sens, les alliances changent, chacun révèle ses hypocrisies, ses frustrations et sa mauvaise foi. Aucun personnage n’est épargné, pas même le couple qu’il forme. Le texte est vraiment très drôle, avec des dialogues vifs et pleins d’ironie. Ce huis clos entre deux couples montre avec humour à quel point les apparences peuvent être fragiles. Une pièce bien cruelle.

“ALAIN. Nous le sommes sous le mode hystérique Annette, non comme des héros de la vie sociale (à Véronique). J’ai vu votre amie Jane Fonda l’autre jour à la télé, j’étais à deux doigts d’acheter un poster du Ku Klux Klan…
VÉRONIQUE. Pourquoi mon amie ? Qu’est-ce que Jane Fonda vient faire là-dedans !…
ALAIN. Parce que vous êtes de la même espèce. Vous faites partie de la même catégorie de femmes, les femmes investies, solutionnantes, ce n’est pas ce qu’on aime chez les femmes, ce qu’on aime chez les femmes c’est la sensualité, la folie, les hormones, les femmes qui font état de leur clairvoyance, les gardiennes du monde nous rebutent, même lui ce pauvre Michel, votre mari, est rebuté…
MICHEL. Ne parlez pas en mon nom !
VÉRONIQUE. On se fout complètement de ce que vous aimez chez les femmes ! D’où sort cette tirade ? Vous êtes un homme dont on se fout royalement de l’avis !
ALAIN. Elle hurle. Quartier-maître sur un thonier au dix-neuvième siècle !”

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