Ce recueil rassemble une poignée de contes peuplés de fantômes, d’amoureux égarés et de figures féminines sous toutes leurs formes : sirènes, femmes-fleurs, femmes-flocons. On y croise aussi des elfes, des longboards et des Kinder Surprise. J’aime beaucoup l’écriture de Malzieu – poétique, féerique, traversée de ressentis qui résonnent en moi. Seul bémol : le format très court et décousu de ces histoires m’a parfois empêché d’y entrer complètement.
“C’est mal foutu la mort, le sommeil, tout ça. On devrait pouvoir, comme les machines, appuyer sur un interrupteur pour mourir de temps en temps et pour quelque temps. Plus que dormir, vraiment mourir, déconnecter les rêves, la somnolence, les spasmes, éteindre. S’éteindre tout seul parce que l’on sait que le sommeil ne suffira pas, que l’aube arrivera trop vite. Clic! plus rien, mort.
Il y a bien des gens qui savent presque, en respirant bien, appuyer sur leur interrupteur pour se soulager sans se faire flamber la gueule instinctivement; moi je n’y arrive pas. Des gens magnifiques et bien intentionnés (peu) essayent de m’apprendre le truc de l’interrupteur élastique, respirer, se détendre, lâcher prise. Je sens bien qu’il va me falloir maîtriser cet art élastique rapidement, infléchir doucement la courbe caoutchouteuse de mes nerfs sans les tordre systématiquement.
Sinon CLAC, juste un petit truc qui bascule.”