Dans le cadre de la fermeture du Centre Pompidou, dix écrivains ont été invités à évoquer dix œuvres du musée. Ici, Kevin Lambert écrit un texte qui vient se fondre dans l’œuvre de Louise Bourgeois, Cumul I. Alice est professeure d’histoire de l’art et accepte d’encadrer la thèse d’un étudiant consacrée à la sculpture de Louise Bourgeois. Elle part donc à Paris pour voir l’œuvre avant qu’elle ne soit emballée et mise en réserve. Mais, ce voyage, confronté à l’art de Bourgeois, fait peu à peu vaciller Alice : sa place d’enseignante, sa relation avec son étudiant, mais aussi le regard qu’elle porte sur elle-même deviennent sources d’incertitude, dans un monde où les différences sont de plus en plus stigmatisées et où les dualités semblent de moins en moins faciles à accepter. Une histoire un peu angoissante et déstabilisante, qui trouve un magnifique écho dans Cumul I, une sculpture très organique, presque vivante, qui ne laisse décidément pas indifférent.


“Alice est ridicule de présumer des douleurs, des tendances vitales d’une inconnue. Elle s’adonnait un instant plus tôt à un ignoble exercice de pitié, réduisant une personne à un trait, à quelques blessures. Le problème n’est pas l’idée de la blessure, mais le droit, la capacité que se donne Alice de présumer de ses effets sur la vie d’une inconnue.”

Categories:

Categories