Au moment où Olivier Bourdeaut devient célèbre, il enterre son père. Un père à qui, depuis l’enfance, il cherche à prouver qu’il vaut quelque chose. Alors, il fallait sans doute écrire cette histoire : celle d’un père violent, injuste, manipulateur et probablement encore bien d’autres adjectifs peu flatteurs. Mais c’est son père, et Bourdeaut décrit très bien ce lien familial fait d’attachement, envers et contre tout – vraiment contre tout. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus touchée dans ce récit : cette relation complexe, douloureuse, mais dont on ne parvient jamais vraiment à se détacher. On retrouve ici un écrivain qui, une fois encore, plonge dans sa propre histoire. C’est cruel, parfois difficile, mais je dois avouer que je n’ai pas retrouvé la magie d’En attendant Bojangles. La boucle est bouclée maintenant, alors, à quand le prochain qui nous fera à nouveau rêver ?

“À mon sens une des citations les plus célèbres du monde est la plus idiote. « Ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort. » Il vaut mieux être mort que d’entendre une bêtise pareille. Et je suis désolé pour ceux qui se sont tatoué cette ânerie sur le biceps, mais il suffit d’entendre les victimes en tout genre, leurs témoignages et leurs voix brisées, pour se rendre compte que pour la plupart d’entre elles, les coups et les traumatismes ne les ont pas rendues plus fortes. Nous n’avons jamais entendu, non plus, les journalistes qui recueillent ces confidences lancer à l’invité sur un ton exalté : « Mais donc maintenant vous êtes plus fort, n’est-ce pas ? » Pour ma part, je pense que ce qui ne nous tue pas nous rend différents de ce que nous aurions dû être.”

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