Adaptée du livre éponyme de Nicolas Bouvier, cette pièce donne chair au séjour de l’écrivain au Sri Lanka en 1955. Un séjour éprouvant, marqué par la maladie, la perte de repères, de soi et des autres – une épreuve rude, même pour un voyageur qui en avait déjà traversé bien d’autres. Porté par une interprétation remarquable de Samuel Labarthe, ce seul-en-scène de cent minutes est une véritable prouesse artistique. Les décors, que l’acteur déplace et transforme au fil du récit, font preuve d’une grande ingéniosité et donnent encore plus de vie au texte. J’avais beaucoup aimé L’Usage du monde. Le Poisson-scorpion m’a paru un peu moins prenant, sans doute en partie à cause de la fatigue.
“On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu’on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels.”
Création le 4 novembre 2025 au Théâtre de Carouge