Antigone est la fille d’Œdipe, roi de Thèbes, et de la reine Jocaste. À elle seule, elle porte la tragédie de toute sa lignée. Dans la pièce de Sophocle, elle s’oppose à son oncle Créon, qui refuse d’offrir une sépulture digne à son frère Polynice. Antigone choisit alors de sacrifier sa vie pour préserver sa dignité et sa foi, et sera condamnée par Créon à être enterrée vivante. Dans cet ouvrage, elle incarne toutes les jeunes filles prisonnières du monde, de la guerre et des hommes. Présenté sous la forme d’un poème bouleversant, accompagné d’illustrations de jeunes filles sans bouche, enfermées derrière des barreaux, des barbelés ou des cordes, le livre crie pour toutes les enfances blessées. Ce poème a été déclamé en ouverture du spectacle Les Messagères au Théâtre de Carouge et, comme pour la pièce elle-même, ce texte m’a profondément touchée.
“Petites filles aux silhouettes de femmes, aux corps brûlants,
Aux yeux fatigués de trop voir, qui voudraient certains soirs
Juste un peu de silence autour de leur enfance.”